Tu te tiens ici, siégeant fièrement devant moi. La tête haute et le front dégagé. Ton regard allant et venant de part et d'autre de mon corps, me déshabillant des yeux d'un seul geste. Un sourire au coin des lèvres je t'entends dire que je n'ai changé, de suite reconnu reconnaissable entre mille. Je ne commente pas mais en suis flatté.
Après quelques minutes, nous décidons de nous revoir dans les prochains jours. Nous nous revoyons pour partager une table le temps d'un midi. Tout se passe à merveille. Tout, jusqu'au moment où est abordé le pénible sujet des jours anciens et révolus. Tourmenté, je m'emporte et en un instant suis prisé de disposer.
En proie aux tourments, j'erre toute la journée restantes de rues en avenues. La nuit tombe et n'étant d'humeur à dormir sous un pont, je prends la décision de rentrer. A mon arrivée, les portes cuivrées de l'hôtel où je loge pour quelques jours font place. Quelques instants plus tard, me voici dans ma chambre. Saisissant une plume au vol je griffonne ces mots au dos d'une carte de visite "Ce furent nos derniers mots échangés. C'est la deuxième fois que tu me perds, ce ne sera donc pas trop rude. " La main tremblante je dépose ces mots enveloppés de fin papier dans ma veste, adressés à une adresse m'étant bien connue.
L'humeur faussement paisible, mimant de n'être sujet aux tracas habituels des autres gens... Tout est une question de masque et de jeu, dans cette pièce où il n'est pas inhabituel qu'on se mente même parfois à sa propre personne...